portrait de femme voilée lors d'un shooting photo à Paris

Golden hour

Le voile, cet accessoire de mode indésirable

Farouma est une jeune femme d’une vingtaine d’années. C’est une épouse. Une mère. Elle aime la mode. Farouma porte le voile.

Sur son compte Instagram, elle partage ses looks, toujours accompagnée de son voile qui lui sert autant de couronne que de refuge.

Quand Farouma a répondu à un de mes appels à shooting sur Facebook, j’ai tout de suite été sur son compte Instagram en prenant connaissance de son message privé.

La première chose que j’ai vu, c’est son voile. Sans trop me l’expliquer, il m’a gêné sans même l’avoir jamais vu, jamais touché, sans même n’avoir jamais vu Farouma. J’ai pour habitude de prendre le temps de cerner chacun.e de mes modèles avant le shooting. Je commence par m’imprégner de leur univers en observant leurs photos et textes qu’ils partagent. Ensuite, je me nourris des échanges qu’on s’accorde mutuellement. Et enfin, la proposition finale. C’est exactement le même processus que j’ai suivi avec Farouma, après m’être débarrassée de cette gêne sans cause que la vue de son voile me procurait.

portrait d'une femme voilée à Paris

J’ai regardé au-delà du voile. J’ai cherché la mère, l’épouse, la soeur, l’amie qui porte fièrement cet accessoire. Parce qu’en vrai ce n’est qu’un accessoire de mode comme un autre ; au-delà de son affirmation religieuse. Un léger et beau morceau de tissu. Comme on pourrait en voir chez Hermès.

J’ai essayé de dédiaboliser cet accessoire en lui rendant ses notes de noblesse : grâce, majesté, douceur, …

photographie de mode femme voilée à Paris